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Enceinte, quelles difficultés avez vous rencontré lors de vos démarches administratives ? ( maternité, indemnités journalières, déclaration de grossesse etc.) Racontez nous ! -
Il y a 1 an 17 semaines, par Ensemble Simplifions, 22 commentaire(s)
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La protection sociale des femmes salariées aux professions discontinues qui ont des enfants, est chaotique, aléatoire et insuffisante. Certaines femmes ne perçoivent pas d’indemnité journalière de la CPAM pendant leur congé maternité, en raison de l’irrégularité de leur emploi et parfois de la faiblesse de leur revenu salarié. Il arrive qu’elles ne remplissent pas les conditions requises pour ouvrir des droits à l’indemnité journalière de la CPAM. Il en résulte une perte totale de revenus, inacceptable, pendant le temps où elles mettent un enfant au monde.
Or, aucun revenu légal, ni aucune prestation n’existent pendant le temps de leur congé maternité. Elles n’ont en outre pas le droit de travailler comme le prévoit l’Article L224-1 du code du travail[1].
Par ailleurs, le monde du travail a changé depuis la création de la Sécurité sociale. Aujourd'hui un chômage structurel s'accompagne de l'émergence de formes particulières d'emploi, d'emplois à temps partiel, de nouveaux travailleurs indépendants et des travailleurs pauvres. La discontinuité de l'emploi – mais aussi des statuts, des droits et du revenu – concerne une population de plus en plus nombreuse. La discontinuité de l'emploi devient la règle. Il est donc urgent de se pencher sur ce problème qui, s’il est aujourd’hui peu visible, n’en demeure pas moins inacceptable.
Propositions :
I / Modifier le code de la sécurité sociale, en particulier les modalités d’ouverture de droits au congé maternité définies par les articles R-313-1 à R-313-7. A/ Date de référence. Le droit à l’ouverture des congés maternité repose sur deux dates de référence. Lesquelles se fondent sur le début de grossesse ou le début de congé maternité. Or établir une date de référence fixe pour l’ouverture des droits est sans aucun rapport avec la discontinuité des professions discontinues. Par définition le travail de l’intermittent du spectacle et de l’intérimaire est irrégulier. Les femmes peuvent avoir le nombre d’heures requises sans pour autant les avoir effectuées sur les périodes étudiées. L’étude des droits, fondée sur des dates de référence fixes conduit à rendre aléatoire et incertaine l’indemnisation du congé maternité pour les professions discontinues. Il est nécessaire d’assouplir les dates de référence concernant l’étude pour l’ouverture des droits des salariées aux professions discontinues.
II/ Conditions de cotisations. L’ouverture de droits repose sur l’obtention de 200 heures de travail salarié ou 800 heures sur les 12 mois ou 1015xle SMIC horaire sur 6 mois ou 2030 x le SMIC horaire à partir des dates de références. Or, les salariées aux professions discontinues, notamment les intermittentes du spectacles ont rarement 800 heures de travail salarié sur une année. La spécificité des métiers du spectacle est encadrée par les annexes VIII et X de l’assurance chômage. Ce régime compensatoire, dit de l’intermittence, définit, pour pouvoir en bénéficier, l’obtention de 507 heures respectivement en 304 ou 319 jours, soit 10 mois ou 10 mois et demi, selon l’arrêté du 2 Avril 2007 de l’UNEDIC (article 3). La CPAM demande donc une quantité de travail moyenne supérieure à celle réglementée par le régime d’assurance chômage des annexes VIII et X : en effet 200 heures en trois mois ou 800 heures en 12 mois équivalent à environ 700 heures de travail en 10 mois et demie (près de 70 heures par mois), alors que le nombre d’heures sur lequel se base l’assurance chômage est de 507 heures en 10 mois ou 10 mois et demi (50 heures par mois), ce qui est déjà difficile compte-tenu des réalités du métier. La Sécurité Sociale impose donc pour l’ouverture de droit au congé maternité des femmes enceintes en profession discontinue les mêmes conditions que des salariées classiques, ce qui conduit à l’exclusion des intermittentes du système de protection sociale. Il est nécessaire d’aligner l’ouverture des droits à l’indemnisation des congés maternité de la Sécurité Sociale sur les modalités d’ouverture de droits du régime d’assurance chômage. C/ Notion de revenus. Le travail intérimaire ou intermittent est compensé par le régime d’assurance chômage. Il s’agit bien d’un revenu. A cet égard, l’administration des impôts considère les indemnités de chômage comme des revenus « autres ». Or l’article R. 313-3 du code de la sécurité sociale, s’il conditionne l’ouverture de droit sur le salaire ou le montant des cotisations[2], ne tient pas compte de ces revenus dans l’ouverture des droits. Il est nécessaire que la sécurité sociale prenne en compte l’ensemble des revenus des salariées aux professions discontinues. II – Prévoir une prestation adéquate en cas de non indemnisation du congé maternité par la Sécurité Sociale. Les femmes qui bénéficient du régime de l’assurance chômage avant la naissance de leur enfant voient leur indemnisation interrompue en cas de congé maternité. Elles sont radiées de Pôle Emploi jusqu’à la fin de leur congé maternité. Si elles ne sont pas indemnisées par la Sécurité Sociale, elles n’ont aucune autre source de revenu. La CAF n’a aucune prestation qui corresponde à leur situation. L’organisme se voit alors contraint, compte tenu de l’urgence des situations de leur faire bénéficier de prestations auxquelles elles n’ont officiellement pas le droit. La protection sociale est ainsi interrompue, mettant en danger l’enfant qui vient de naître et sa famille. Les droits élémentaires pour la défense desquels la Sécurité Sociale a été instituée en 1945 sont de fait, bafoués[3]. Il est impératif qu’une prestation adéquate soit mise en place en cas de non indemnisation du congé maternité par la Sécurité Sociale.
III – Harmoniser la protection sociale des salariées aux professions discontinues en cas de maternité.
- A/ Double peine pour l’intermittente. Si une allocataire relevant des annexes VIII et X de l’assurance chômage n’obtient pas l’ouverture des droits à l’indemnisation par la Sécurité Sociale pendant son congé maternité, elle se voit refuser par Pôle emploi la prise en compte des 5 heures journalières dans le calcul des heures nécessaire à l’ouverture des droits à l’ARE, même sur la période de 8 semaines durant laquelle il est interdit à la femme enceinte de travailler ! En effet, lorsqu'une intermittente est en congé maternité, chaque jour compte à raison de 5 heures/j pour le réexamen des droits à l'ARE pour le Pôle Emploi (avancée légale depuis 2004 pour les seules intermittentes, les intérimaires n’y ont pas le droit). Cela signifie que la femme intermittente à l’issue de son congé peut aisément rouvrir des droits à l’ARE. Cette mesure permet de ne pas discriminer les femmes intermittentes, des hommes intermittents. La non-indemnisation de la CPAM a donc comme conséquence directe, la sortie d'un régime compensatoire pour certaines salariées du spectacle vivant ou de l’audiovisuel. La non-indemnisation du congé maternité a des répercussions dans le temps qui vont bien au delà du congé maternité même. Les mères salariées intermittentes du spectacle subissent donc une sorte de « double peine » : après avoir été privées d’indemnisation de la part de la sécurité sociale et de toute possibilité de revenus, elles se voient privées de l’accès à l’indemnisation chômage. Ces dispositions sont en outre susceptibles d’engendrer des comportements à risque chez les femmes enceintes : accidents et arrêts maladie non déclarés, raccourcissement de la durée du congé maternité pour ne pas perdre trop d’argent, sans prise en compte des recommandations de santé… voire des comportements illégaux : falsifications des dates pour entrer dans la période de référence, congé maternité non déclaré à Pôle Emploi pour ne pas perdre ses droits, alors qu’il est interdit de travailler pendant 8 semaines… L’article 9 de la Convention Européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales qui porte sur le droit à la vie familiale n’est pas respecté : cela devient tellement compliqué, contraignant financièrement et matériellement, de faire un enfant, que ces femmes en arrivent à ne plus oser fonder une famille…
- B/ Libre choix d’activité et intermittence. Une salariée intermittente ne peut percevoir la prestation Libre choix d’activité proposée par la CAF qui permet à des parents de travailler à mi-temps et de garder leur enfant. En effet, il est impossible pour l’intermittente d’être à la fois inscrite au Pôle Emploi, comme demandeuse d’emploi et de bénéficier du Libre choix d’activité. Or, avant de pouvoir bénéficier du régime de l’intermittence, les femmes ont l’obligation d’être inscrites comme demandeuses d’emploi et de déclarer leurs heures travaillées (au minimum 507 heures) à Pôle Emploi. Cela a pour conséquence, qu’en cas de sortie du régime de l’intermittence, les salariées ne peuvent à nouveau y prétendre si elles font le choix de bénéficier du Libre choix d’activité. En conséquence, les mères intermittentes ne peuvent bénéficier d’aucun minima social.
- C/ Congé maternité indemnisé et baisse des revenus. Dans le cas où une mère salariée intermittente ouvre des droits au Pôle Emploi à l’issue d’un congé maternité indemnisé, son indemnisation est très inférieure à celle dont elle bénéficiait avant son congé maternité. En effet, le salaire de référence ne prend pas en compte les indemnités relatives au congé maternité et maladie, alors que la période de référence prise en compte pour calculer l’allocation (de 304 jours ou 319 jours selon l’annexe dont dépend l’allocataire) inclut la dite période de congé maternité. Etant donné qu’il s’agit d’une période pendant laquelle aucun salaire ne peut venir augmenter le Salaire de Référence, celui-ci sera donc calculé uniquement à partir de ce que l’allocataire a gagné en dehors de ses périodes de congé. Ainsi dans le cas des congés maternité, qui durent légalement 112 jours, parfois plus quand il s’agit de congés pathologiques, l’allocataire ne dispose plus que de 192 ou 207 jours dans le meilleur des cas, soit 6 ou 7 mois au maximum, pour réunir un Salaire de Référence suffisant, c’est-à-dire équivalent à ce que l’on réunit habituellement en 10 mois et demi de travail. Or, au-delà des 112 jours manquants, il convient de rappeler, en outre, que ces 6 ou 7 mois coïncident : - soit avec les mois de grossesse de l’allocataire, précédant le congé maternité ; et l’on sait que dans les métiers concernés (danseuses, chanteuses, comédiennes, techniciennes du spectacles..) il est beaucoup plus difficile, voire impossible dans certains cas, de trouver des contrats en étant enceinte. - soit, dans le meilleur des cas, avec les mois qui suivent le congé maternité ; mais on sait également qu’ il n’est pas évident non plus d’accumuler de nouveaux contrats lors de la reprise qui suit un congé de 4 ou 5 mois pendant lequel il était impossible de travailler, répéter, préparer un projet … En conséquence, cette manière de prendre en compte les périodes et les paramètres de calcul des indemnités fait chuter fortement le Salaire de Référence des intermittentes du spectacle enceintes : cela se traduit logiquement par une chute considérable du montant journalier de l’allocation, très inférieure à ce que l’allocataire touchait jusque-là. Il est urgent d’œuvrer pour une continuité de droits dans la protection sociale des femmes mères salariées aux professions discontinues entre l’emploi, l’assurance chômage et la CAF. [1] « Les salariées ne peuvent être occupées pendant une période de huit semaines au total avant et après leur accouchement. Il est interdit d’employer des femmes en couches dans ls six semaines qui suivent leur délivrance ». [2] « (…) soit que le montant des cotisations dues au titre des assurances maladie, maternité, invalidité et décès assises sur les rémunérations qu’il a perçues. » [3] La Sécurité Sociale dit : « garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent ». Article L111-1 du code de la Sécurité Sociale.
Pour ma part, j'ai l'expérience de mes 3 grossesses. En résumé, voici les inconvénients que j'ai noté (minimes au regard des situations évoquées plus haut, certes, mais sources inutiles de stress pour la femme enceinte) :
- un CHU n'assure plus le suivi (du 1er au 7ème mois) d'une grossesse "ordinaire", préférant se recentrer sur les grossesses "à problèmes".
- une femme qui n'a pas été suivie complètement par le CHU peut toutefois y venir accoucher : le CHU ne dispose alors d'aucun dossier médical (ou très léger du 7ème au 9ème mois) et la sage-femme (ou médecin) qui reçoit, complète le dossier AVANT un examen médical.....
- le suivi de la grossesse réalisé par le médecin généraliste est très sommaire, comparé au suivi réalisé par une sage-femme en CHU. (je ne connais pas le suivi par une sage-femme libérale)
- 3 échographies sont à réaliser, à des dates impératives. La femme enceinte est souvent mal informée de ces dates, et la prise de rendez-vous avec le centre d'imagerie médicale peut s'avérer difficile (surtout pour la 2ème échographie.....)
- le choix de la maternité est souvent fait sur le seul critère de la distance géographique... Pour ma 3ème grossesse, la clinique la plus proche était à 30 km, avec des dépassements d'honoraires exagérés et non remboursés par la mutuelle et sans aucune offre de préparation à l'accouchement.
- l'aide et les conseils à la jeune maman qui allaite sont difficiles à obtenir et dépendent beaucoup de la bonne volonté et de la disponibilité des sages-femmes de la maternité. Ma proposition porte sur la création de "maisons maman-enfant". Ce ne serait pas des maternités de proximité, puisqu'il suffirait alors de réouvrir celles qui ont été fermées... Et je ne pense pas que ce soit d'actualité. Ce serait un grand bâtiment DE PROXIMITE financé par l'Etat dans lequel les différentes professions libérales relatives à la maman et l'enfant seraient regroupées et incitées à venir s'installer. Puis, l'Etat se désengagerait progressivement en laissant les charges de fonctionnement à la charge partagée des différents professionnels. On trouverait ce bâtiment dans chaque préfecture et sous-préfecture, par exemple.
L'objectif étant que n'importe quelle femme enceinte puisse de trouver à moins de 30 minutes de trajet. Dans cette "maison maman-enfant", la femme enceinte pourrait prendre l'ensemble de ses rendez-vous (un planning serait mis en place dès sa déclaration de grossesse) puisqu'elle y trouverait une (ou des) sage-femme libérale, un échographiste et un laboratoire d'analyses. La sage-femme libérale (au rôle renforcé) serait autorisée à établir une déclaration de grossesse et à prescrire les congés pathologiques.
Le dossier médical de suivi serait transmis à la maternité (ou CHU) où l'accouchement est prévu. On y trouverait aussi, dans une perspective plus large, un accueil "planning familial". On y trouverait aussi diverses associations et intervenants :
- préparation à l'accouchement autre que ce que propose une sage-femme libérale
- aide et soutien à l'allaitement - rencontre de jeunes mamans dans les semaines qui suivent l'accouchement (car devenir mère n'est pas toujours inné et certaines ont parfois besoin d'un soutien qu'elles n'osent ou ne savent pas demander)
- assistante sociale pour aider dans les démarches sécu et CAF